A Kaboul, les soldats américains dessinent la complexité de la situation

Un article paru dans le Figaro du 30 avril dénonce l’absurdité de certaines habitudes des états majors postés en Afghanistan

En voici un extrait :
L’été dernier, le général McChrystal, commandant des forces alliées en Afghanistan, a eu droit à un étonnant «briefing» à Kaboul. Afin d’illustrer la complexité du pays et des enjeux de l’opération militaire, un de ses officiers a cru bon de composer le graphique reproduit ci-contre : un «bol de spaghettis», selon le New York Times, où se mélangent les priorités de la coalition, les atouts et faiblesses du gouvernement afghan, les groupes rebelles intérieurs et extérieurs, l’entrelacs d’ethnies et de croyances au sein de la population locale, l’état des infrastructures, etc.
Le jour où nous comprendrons ce schéma, nous aurons gagné la guerre», a sèchement réagi le général américain, provoquant l’hilarité de son état-major.
Un peu plus loin, le journaliste insiste sur l’usage abusif du powerpoint pour la plus simple des opérations militaires. L’article original en anglais, est ici.

Cet article m’a interpellé pour plusieurs raisons.

  • D’abord parce que l’armée américaine utilise la cartographie de l’information pour essayer de comprendre une situation qui lui échappe visiblement. Evidemment, elle aurait mieux fait de le faire avant d’y aller…mais bon.
  • Ensuite parce que la cartographie, dans ce cas, a compliqué leur processus de décision et donc leur capacité d’action (chère aux américains…). L’intelligence (interligare: faire du lien en latin) serait alors le plus sûr moyen de ne plus faire la guerre ! Hélas non, l’histoire le démontre.

Si cette carte n’invite pas à l’action, c’est qu’elle n’a pas de centre, donc pas d’objectif.

Elle ne fait que représenter une situation, en l’occurrence un système complexe. Dans l’absolu tout a un lien avec tout, et suivant ce principe, nous pouvons nous retrouver face à une représentation graphique incompréhensible car dépourvue de sens (la signification et la direction).

Pourquoi la carte heuristique aurait-elle été plus appropriée dans le cas du Général McChrystal?

Parce qu’elle a pour vocation de FAIRE mais aussi de DEFAIRE des liens. Ceci afin de rendre intelligible une situation complexe. Egalement parce qu’elle aurait pris en compte l’objectif qu’aurait fixé le Général et qui aurait occupé le centre de la carte.
Général… si vous m’entendez ….

Frédéric Le Bihan

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