Carte Heuristique et neurofeedback

Les neurones sont-ils narcissiques ?

Qu’est-ce que le neuro feedback ?

Le Neurofeedback est un outil visuel qui permet de voir en quelques sortes ses pensées, ou plus précisément les émotions de ses pensées traduites en images sur un écran.
Notre nature est telle que lorsque nous sommes témoin de la traduction imagée de nos propres pensées et émotions, notre cerveau réagit. Il n’est pas indifférent à son reflet.

Il se produit un feedback négatif ou positif.

C’est-à-dire que selon le cas, le cerveau va réagir en amplifiant ou en inhibant une activité neuronale particulière induite par son reflet.

Comment ça marche ?

Le principe du NFB repose sur des électrodes placées sur la tête qui captent des signaux électriques de l’activité cérébrale. Celles-ci sont reliées à un écran qui traduit les signaux en images. Un sentiment de bien-être sera traduit par une image paisible, tandis qu’un stress par exemple sera traduit par une image désagréable.
Mais au lieu que les signaux soient analysés par un médecin (ce qui est le cas avec un véritable EEG), les traductions imagées sont confrontés en direct au patient.

Ce phénomène a été prouvé par des études pilotes, notamment sur certains troubles psychiques.

Les applications sont nombreuses et prometteuses dans des pathologies telles que les troubles déficitaires de l’attention (TDHA), l’épilepsie, l’autisme, la fibromyalgie, les troubles du sommeil,…etc.,…Dans certains cas, le NFB peut même être une alternatives aux médicaments.

Au USA, fautes de grandes études (coûteuses), la FDA ne reconnaît pas le NFB comme indication médicale mais la reconnaît comme aide à la relaxation.

Quel lien avec la Carte Heuristique me direz-vous ?

Le NFB et la CH partagent un point commun essentiel : la visualisation de ses pensées. « Mind Map » ne veut-il pas dire « carte de l’esprit » ?
La CH renvoie une image de nos pensées qui agit en retour sur celle-ci.

Il y a néanmoins des différences notables entre les deux supports visuels de pensée :

Dans le cas du NFB, le lien entre le cerveau et l’image est établi par des électrodes, ce qui permet d’objectiver et de matérialiser les émotions. L’étude des pensées et des émotions devient ici une science exacte car mesurée par un instrument. Grâce à cette objectivation, on est en mesure d’établir des preuves de son efficacité par le lien de causalité.

On remarquera aussi que la traduction imagée est instantanée.

L’apparition des images se fait en fonction du temps qui passe ce qui lui confère une dimension chronologique (le système ne permet pas de faire du lien sur le vif).
Les signaux sont relativement « grossiers » (nous n’en sommes pas encore au point de voir défiler nos idées précises sur un écran).
Ce sont surtout les émotions qui sont pris en compte, ce qui est en soi déjà extraordinaire.

Dans le cas de la CH, l’intermédiaire entre la production du cerveau et son image c’est la feuille et le crayon.

L’expression est plus ou moins différée dans le temps.
Ceci peut se réduire par la création d’une banque d’images, de pictogrammes, de mots-clés à étoffer avec l’expérience. C’est comme apprendre à parler une langue étrangère. Au début on cherche ses mots mais avec le temps l’expression devient fluide. On mobilise alors moins de ressources cognitives pour la forme au profit du contenu.

L’expression de soi est plus subjective car pas mesurable (par un instrument).

La CH a une dimension spatiale qui permet de faire du lien. Elle permet de noter avec la même facilité des idées ou des émotions. Enfin, le dessin manuel permet de rendre l’expression de nos idées subtile à souhait (pour peu qu’on y consacre du temps).

Outre l’aspect particulier du fonctionnement cognitif de la CH, elle a une dimension psychologique :

Le reflet de nous-même renvoi à l’image de soi, à l’image que nous voulons donner, donc à notre identité. A priori personne n’ y est indifférent, elle est donc mobilisatrice.

Dès lors que la CH est l’expression du reflet de soi, à l’instar du NFB, de nombreuses applications sont possibles :

Par ailleurs, dès lors que chacun de ses deux outils a ses propres avantages, on peut les combiner : nous pourrions visualiser l’instantanéité de nos pensées (ordre chronologique) tout en les cartographiant manuellement (ordre spatial).

L’ avantage de la CH c’est qu’elle nécessite ni instrument ni environnement médicalisé.

Un reflet de nos pensées peut être pris sur le vif n’importe où, n’importe quand. Ce qui est vivement recommandé pour capter l’authenticité.

En conclusion :

Le neurofeedback (par son caractère mesurable) apporte par voie indirecte des éléments de preuves de l’efficacité des outils visuels dont la CH fait partie.

Comparer le NFB et la CH (lorsqu’ elle s’applique au reflet de soi) revient un peu à comparer un mode automatique et un mode manuel avec leurs avantages respectifs.

L’idée essentielle :

C’est que la visualisation de ses idées, de ses émotions ne laisse jamais indifférent, elle mobilise, dynamise, transforme : sa devise pourrait tout simplement être :

Je me vois,…donc Eureka!

Rusi Hasani Mohamed

Laisser une réponse

Want to join the discussion?
Feel free to contribute!

Laisser un commentaire